Brigitte Marionneau
Contenir le vent
10 septembre – 3 novembre 2016
Brigitte Marionneau – Contenir le vent 2016
Brigitte Marionneau voyage depuis trente ans au pays des éléments mis en jeu par l’argile : la volonté vive, ouverte, qui l’anime et la guide, a fait passer son expression céramique d’un travail narratif de personnages sculptés, surgi à la suite d’un voyage en terre Navajo, à une imagerie de graines et de champs colorés qui fit l’objet d’une première exposition à la Galerie de l’Ancienne Poste en 2008. L’année suivante, l’artiste opère un revirement radical qui se traduira par une expression tendant vers l’abstraction sculpturale en blanc et noir. Fruit d’un cheminement personnel à la fois libre et rigoureux, le travail de Brigitte Marionneau également nourri d’une vaste culture est présenté dans de nombreuses expositions personnelles et de groupes en France et en Europe depuis 1990.
Cette deuxième exposition à la Galerie de l’Ancienne Poste rassemble une vingtaine d’œuvres récentes dont, en particulier, une nouvelle série de sculptures intitulées « Contenir le vent » – image empruntée au titre d’un poème lui-même inspiré par une œuvre de l’artiste – qui témoigne d’une démarche de construction précise où l’artiste céramiste exprime l’idée de la vitalité dans la tension des lignes.
Dans certaines architectures, un noir lumineux de basalte ou d’ébène simplifie à l’extrême la lecture de la forme. Celle-ci en acquiert une intensité propre. Berceau ou tombeau miniature d’un dieu de l’antique Egypte, tête couchée de héros désormais oublié ou roche issue des tous premiers magmas ? Le mystère de ces volumes denses, refermés sur eux-mêmes, ne peut être rompu. Parce qu’elle est parcourue d’une vie en filigrane, leur entièreté opaque attire et séduit comme une énigme : de légers sillons – topographie humaine ou géographique ? – ondulent à la surface de cette peau-terre comme ondulaient les cheveux du couple du Baiser, donnant vie au monolithe de Brancusi. Le contraste des différents plans, alternativement lisses et texturés, contribue également à vivifier l’ensemble. C’est la texture qui est mise en avant dans quelques pièces offrant un nouveau jour à des formes déjà explorées par Brigitte Marionneau. Inspirée par Henri Michaux ou Aire IV – 1960, une encre de Dubuffet, elle a scarifié un émail mat blanc avant la fusion : stries, griffures ou zébrures d’éclairs – répondant comme autant d’échos à la ligne brisée de la forme – animent la surface de leur vitalité de signes.
Pascale Nobécourt
journaliste, critique d’art
Brigitte Marionneau – Contenir le vent Série 2016
Brigitte Marionneau – Mask Série 2015
Brigitte Marionneau – Au bord du paysage 2015
Brigitte Marionneau – Mask Série 2015
Brigitte Marionneau – Contenir le vent 2015
Brigitte Marionneau – Contenir le vent, Triptyque 2016
Brigitte Marionneau – Clavier de terre 2016
Brigitte Marionneau – Mask Série 2016

