Camille Virot
Œuvres récentes
12 septembre – 5 novembre 2009
Camille Virot – bol genèse. Bol-genèse, 2008, Techniques mixtes.l . 40 cm.
« Connu pour avoir introduit et développé les cuissons rakus en France, Camille Virot en a fait une esthétique de vie et de travail personnelle fondée sur une expression céramique instinctive en phase avec les processus naturels… Avec le raku, Camille Virot a modifié le rapport du céramiste à l’atelier. Une grande part de l’activité se déroulant dehors, celui-ci n’est plus un lieu fixe où l’on se concentre sur une production précise, mais un lieu de mobilité créative, impliquant un déplacement de l’être, du corps en mouvement. Cette façon d’envisager la pratique artistique, en accord avec la nature et non plus en rivalité, s’oppose à la conception occidentale traditionnelle. Les phénomènes céramiques sont pour Camille Virot des moyens de dire le monde et impliquent une force de langage qui se retrouve dans une œuvre unique et très contemporaine par son absence de fluidité, ses ruptures, ses contrastes et son énergie…
Il se montrera toujours rétif aux excès technologiques ainsi qu’aux hiérarchies entre le pot et la sculpture, du fait que l’on peut y « enfouir son âme » de même manière.
Resté fidèle aux idéaux humanistes de la génération contestataire à laquelle il appartient, il s’est également livré à une reconsidération de la poterie africaine, jusque-là tenue pour négligeable, reconnaissant dans le mode de faire des potières africaines une dimension instinctive, physique et sacrée perdue en Occident.»
Carole Andréani, « Céramique contemporaine », 2007.
«…On peut donc toute une vie d’artiste n’avoir qu’une seule idée obsessive et les formes vont naître au fur et à mesure l’une de l’autre, s’enchaîner de l’une à l’autre. On ne vit plus alors que dans le senti et plus du tout dans le monde des idées. C’est le sort habituel du céramiste.… Ainsi des formes surviennent aux hasards d’une pratique et entrent en correspondance, comme les mots du poème.Dans l’imaginaire céramique, il y a le sol et le sous-sol très présents, le monde des taupes, le monde où reposent nos pieds et les fondations de cathédrales : ce monde enfoui et minéral est notre obsession. Le caché est existant, l’invisible irradie. L’autre stimulation imposée par la tradition que nous vénérons : l’objet céramique s’attache aussi à l’action, à l’usage du monde, à la réponse à des besoins de vie…Nous sommes donc constamment stimulés par ces deux choses, la pierre et la chair. »
Camille Virot, Extrait de « 8 artistes & la terre», Éditions Argile, 2009.
Camille Virot. Bol genèse 2009
Camille Virot – Silex 2008
Camille Virot , bol double 2008
Camille Virot – Maison, 2009


