Pierre Martinon

Sculptures de terre

10 novembre 2012 – 4 janvier 2013

Pierre Martinon propose un ensemble de sculptures et de plaques gravées comme nouvelle étape de sa démarche artistique depuis sa dernière exposition à l’Ancienne Poste en 2007. Si les formes  se sont arrondies et marquent en effet une nouveauté de la part d’un artiste qui cultivait les surfaces planes et les arêtes, on retrouve cette virtuosité qui avait retenu l’attention du public de l’Ancienne Poste. Ici, les sculptures sont comme revêtues d’une fine pellicule métallique, à laquelle le feu a donné des reflets et un teint cuivrés ou ambrés, parfois jusqu’au brûlé. Des sculptures à tonalité ocre sont quant à elles striées d’une multitude de petits traits : ce fourmillement qui traverse les creux et les bosses donne un effet saisissant. On mesure avec cet ensemble d’œuvres la belle avancée de l’artiste dont le travail a reçu en 2011 le prix de la Fondation Taylor.

On reconnaît une grande œuvre d’art au sentiment d’étrangeté qu’elle peut susciter en nous. Or notre mémoire alourdie de références ne cesse de nous suggérer des rappels, comme si la tâche la plus urgente était d’échapper à l’impression présente. La découverte en matière d’art ne va pas sans une certaine amnésie cultivée.
Pierre Martinon fait partie de ces trop rares artistes d’aujourd’hui qui n’ont pas renoncé à créer un style au profit de la simple invention d’un procédé. Il ne tient pas spécialement à ce qu’on le reconnaisse, en quelques sens que l’on prendra ce mot. Et comme il n’appartient à aucune école, à aucun mouvement estampillé d’une étiquette, il travaille dans une sorte d’abnégation inouïe. Si le terme n’était pas trop galvaudé, on parlerait d’authenticité ou de pureté.

Christian Godin. Philosophe, maître de conférences de philosophie à l’Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand