Ursula Morley-Price

Œuvres récentes

8 novembre 2014 – 8 janvier 2015

Constituant un évènement important pour les amateurs de céramique contemporaine, chaque nouvelle exposition d’Ursula Morley-Price est aussi pour tous les publics une rencontre marquante avec l’art de la terre. Née en 1936 à Londres, diplômée de prestigieuses écoles des beaux-arts britanniques, Ursula Morley-Price vit et travaille en France depuis 1973. Sa réputation est néanmoins internationale et son œuvre céramique caractérisée par une grande virtuosité des formes figure aujourd’hui dans les plus grands musées du monde, tels que le Metropolitan Museum et le MoMA à New York, ville où elle expose régulièrement depuis de nombreuses années. En France, la renommée grandissante de la Galerie de l’Ancienne Poste de Toucy n’échappe pas à l’artiste, et, en 2011, le début d’une collaboration donne lieu à une première exposition personnelle à Toucy, suivie en 2013 d’une grande exposition rétrospective au musée d’Art moderne de Troyes.

Cette exposition d’Ursula Morley-Price à la Galerie de l’Ancienne Poste dévoile une douzaine de nouvelles sculptures de l’artiste qui développe ici son expression formelle issue en particulier de la ‟Large Twist Form” qui fit sensation au musée de Troyes et figure aujourd’hui dans les collections du musée. Animées par ce mouvement à double révolution, les œuvres témoignent une nouvelle fois de l’immense talent d’une artiste rare.

Ursula Morley-Price dans Connaissance des Arts
Ursula Morley-Price dans L’OEIL

La beauté des pièces d’Ursula Morley-Price naît de ce trouble-même : d’une part de l’organisation très rigoureuse et structurée de sa démarche, de son savoir-faire avec la terre ; d’autre part de sa façon de leur insuffler, peut-être à son insu, un souffle de vie qui – aux yeux du regardeur – semble faire palpiter la peau apparemment fragile de ces « choses » figées dans une attitude prête à décoller ou empreinte d’un désir d’envol. Sa corolle semble s’être ouverte en accéléré comme dans un documentaire.

La traduction en grès de cette envolée, sera longue. Il lui faudra toute une vie pour atteindre à la virtuosité des formes de ses débuts en leur ajoutant ce mouvement giratoire qui va les propulser telle une hélice, et donner la sensation de se déployer et de se balancer dans le vent ! La terre obtenue entre ses mains est si fine qu’elle en est presque transparente comme la texture du lin ou du papier de cigarette. […] À partir d’un creux (car l’intérieur central de chaque pièce demeure bien un creux, toujours présent), elle construit son armature en accrochant à ses bords, une succession d’ailettes fines qu’elle monte en les étirant vers l’extérieur. Elle invente le plein à partir d’un vide. Elle édifie patiemment son « squelette » en y ajoutant petits bouts de colombins après petits bouts de colombins, telle une pièce montée. Son modelage résulte bien d’une forte volonté d’architecture. […] L’imagination galope. Une œuvre d’Ursula nous parle en réalité comme le corps vivant qu’il est.

Elisabeth Védrenne
Critique d’art
Extrait du catalogue de l’exposition « Ursula Morley-Price » au musée d’Art moderne de Troyes, 2013