Ursula Morley-Price

16 avril – 26 mai 2011

Installée en France depuis 1973, la céramiste britannique Ursula Morley-Price s’est fait connaître en Europe et aux Etats-Unis dans les années 1980 et 1990 par ses réalisations aux formes stupéfiantes constituées d’une multitude d’ailettes ou d’ailerons verticaux dont l’élaboration en argile recouverte d’un émail blanc crème ou brun semble atteindre les limites du possible. Toujours influencée par la recherche du mouvement, Ursula Morley-Price présente à la Galerie de l’Ancienne Poste ses dernières sculptures aux formes renouvelées inspirées des décorations japonaises en ruché de papier fin qui se déplient en délicates balles de papier tridimensionnelles. Les sculptures dites des « cœurs ouverts » se sont arrondies et, dans le prolongement du travail de l’artiste présenté cet hiver chez McKenzie Fine Art à New York, les grandes sculptures bouclées ont pris des formes ovales où les vagues d’ailerons s’étirent et ondulent autour de la forme vers l ‘épaule. Avec toujours cette maîtrise du mouvement tournoyant et ondulant qui crée un rythme aérien et un jeu d’ombre et de lumière qui parcourt l’œuvre et fait oublier le poids du grès

En 1967, Ursula Morley-Price visite l’atelier du célèbre potier anglais Bernard Leach à Saint-Yves (Cornouailles) et choisit définitivement son destin de sculpteur-céramiste. Installée en Charente depuis 1973, elle a acquis une grande notoriété en Europe et aux Etats-Unis. Le musée des Arts décoratifs à Paris conserve d’elle une œuvre très emblématique de sa volonté d’exprimer l’idée poétique du vent qui passe en faisant « frissonner » la matière. Par une manipulation constante et rythmique du contour de ses formes, l’artiste pince des colombins de porcelaine ou de grès pour les réduire à la finesse d’un papier japonais. Ces ondulations – qu’on peut rapprocher de celles des tissus plissés « Fortuny » – entraînent une foison d’allusions sous-marines, végétales ou organiques… Une impression de vie et une délicatesse incomparables.

Frédéric Bodet