Flavie Van der Stigghel

Envol

24 mai – 3 juillet 2014

Née en 1984 à Apt dans le Vaucluse, Flavie Van Der Stigghel s’est très tôt révélée douée pour le dessin, mais c’est avec la sculpture céramique qu’elle choisit de s’exprimer dès 2005. Autodidacte, elle approfondit sa démarche dans les ateliers d’artistes des Alpilles où elle travaille et expose plus particulièrement  avec le sculpteur Guy Bareff et le peintre Gérard  Drouillet. En 2012, elle est sélectionnée pour exposer dans le cadre du festival A-part – Festival international d’Art contemporain en Alpilles-Provence,  qui intègre un volet dédié à la céramique contemporaine : aux côtés des œuvres d’artistes tels que Johan Creten, Elsa Sahal, Kristin McKirdy,… les sculptures de Flavie Van Der Stigghel s’imposent par leur force et leur maîtrise. Aujourd’hui, la Galerie de l’Ancienne Poste lui consacre sa première grande exposition personnelle en présentant une vingtaine de sculptures réalisées entre 2011 et 2014 : “ Envol ”.

Flavie Van Der Stigghel bouscule les idées reçues et cherche à s’extraire de la perfection. Déçue d’un corps de femme trop bien fini, elle le jette à terre pour voir surgir un corps sans tête, forme abstraite, plus forte, moins lisse et fait siens ces écrits d’Alberto Giacometti dans « La voiture démythifiée », Arts, n°639, 1957:’’Aucune sculpture ne détrône jamais aucune autre. Une sculpture n’est pas un objet, elle est une interrogation, une question, une réponse. Elle ne peut être ni finie ni parfaite. La question ne se pose même pas. La sculpture n’est pas, pour moi, un bel objet mais un moyen pour tâcher de comprendre un peu mieux ce que je vois, pour tâcher de comprendre un peu mieux ce qui m’attire et m’émerveille dans n’importe quelle tête. (…) Un peu réussie, une sculpture ne serait qu’un moyen pour dire aux autres, pour communiquer aux autres ce que je vois.’’ Le nouveau travail de Flavie prouve une recherche du dépouillement, de l’ellipse, de la simplification, tant dans la ligne que dans le volume lui-même. Il en résulte une certaine monumentalité présente dans ses sculptures, c’est à dire que toutes ou presque, pourraient être agrandies sans aucun problème. Elles possèdent en elles-mêmes cette force qui dépasse l’artiste. Elles ne lui appartiennent déjà plus, restant cependant totalement accessibles aux spectateurs.
Sylvie Caron
Commissaire d’exposition
Extrait du catalogue de l’exposition