Karin Bablok

30 juin – 6 septembre 2018

Karin Bablok figure aujourd’hui parmi les plus importants céramistes allemands de sa génération. Dès l’obtention du baccalauréat, elle se destine très vite à l’apprentissage du travail de la terre qu’elle concrétisera en 1988-91 par une tournée de compagnonnage en Allemagne, Irlande et aux Etats-Unis. Au retour, elle poursuit ses études à l’école de céramique de Höhr-Grenzhausen (Rhénanie-Palatinat) puis de 1992 à 1995 à l’université de Coblence, en formation artistique. Toutefois, dès 1993, son travail est remarqué et elle obtient un premier prix suivi plus tard de nombreux autres, en Allemagne mais aussi au Japon et en Corée. Ses œuvres sont présentes dans de nombreux musées et collections particulières.
L’exposition à la Galerie de l’Ancienne Poste met l’accent sur d’étroites formes hautes et de larges cylindres de porcelaine blanche sur lesquels Karin Bablok développe ce décor d’émail noir, posé spontanément au pinceau, qui est devenu au fil des années caractéristique de son expression personnelle  – la préoccupation principale de l’artiste étant de chercher des harmonies entre les interventions noires qui jouent à l’intérieur et à l’extérieur des pièces. Karin Bablok réagit en effet d’une façon intuitive aux contours des volumes créés. Prenant comme guide les dimensions de chaque pièce, elle parcourt la surface en nouant des liens. Comme dans un pas de deux, peinture et objet s’unissent et captent avec justesse ce moment fugitif où s’installe l’équilibre.

Catalogue de l’exposition

Les surfaces blanches invitent parfois l’artiste à laisser libre cours  à son pinceau. Il en découle des signes qui pourraient être trop rapidement associés à de la calligraphie, alors qu’ils traduisent plutôt l’admiration de Karin Bablok  pour la peinture abstraite des années cinquante. Elle s’est en effet longtemps consacrée à l’étude de peintres appartenant aux courants de l’Action painting et plus particulièrement à l’expressionnisme abstrait de Franz Kline.
Chez Bablok, le geste du pinceau sur porcelaine reste cependant toujours conscient et contrôlé. Son fond narratif pourrait également évoquer la peinture à l’encre de Chine des années soixante, comme un écho aux signes plastiques du peintre et poète Henri Michaux. Les signes, amplifiés ou bien atténués, nous font découvrir d’innombrables facettes et une suggestion d’interprétations multiples qui anime inlassablement chaque objet dans un mouvement perpétuel. C’est en cela que réside la portée poétique de la vingtaine d’œuvres récentes exposées, où la maitrise de la forme se conjugue à une intuition artistique intemporelle.