Karine Benvenuti

Sculptures

8 septembre – 8 novembre 2012

Née en 1959 à Marseille, Karine Benvenuti vit et travaille dans le Sud de la France. Au cours des dernières années, son œuvre a significativement émergé au sein de la céramique d’art sculpturale. Lauréate en mars 2012 du prix des Ateliers d’Art de France, Karine Benvenuti figure parmi les artistes sélectionnés pour la XXIIème Biennale internationale de création contemporaine & céramique de Vallauris. La Galerie de l’Ancienne Poste lui consacre une exposition personnelle où sont présentées ses dernières réalisations.

 Sculpteur céramiste, Karine Benvenuti inscrit résolument son travail dans les problématiques de l’art de notre temps. De la céramique, elle retient l’essentiel, le spécifique : la matière, les gestes, et plus généralement les mouvements et actions du corps à l’œuvre, les colorations -celles de la matière, et celles, réduites au minimum, des colorants- et la gestion du feu. Retenir l’essentiel : autant dire se débarrasser de l’anecdotique, du plaisant, du séduisant, de l’immédiatement utilitaire. Retenir l’essentiel pour participer à une redéfinition, ou une refondation, de la céramique. Retenir l’essentiel, comme pour atteindre le moment et le lieu, l’utopie d’une origine.
La céramique de Karine Benvenuti est une céramique d’avant le tour, un travail sur la masse, ou en élaboration de masse, à la recherche d’un antérieur de la forme, ou de cet instant « génétique » où une forme commence à naître, là où ne semblait apparaître aucune forme. La céramique -la terre- comme lieu de l’origine des formes, le territoire des archétypes. Les œuvres de Karine Benvenuti ne portent pas la « trace » de l’action du corps. Chacune est la forme définitive et définitivement juste d’un rêve d’harmonie : et cette forme est réussie dès lors qu’elle nous renvoie l’image d’un désir, et qu’elle creuse en nous, en même temps que la frustration de son assouvissement, la permanence du désir. 
Les œuvres de Karine Benvenuti n’accrochent pas l’œil – elles le happent; comme le font ces « pierres trouvées », ces suiseki, qui se révèlent au promeneur attentif et dont l’Extrême-Orient a su faire un art, ou celles, peut-être, qui sont à l’origine des Churingas aborigènes. Elles ont cette improbable évidence des faits de nature que l’attention, le travail ou la méditation peuvent charger d’humanité et de culture pour en faire des viatiques pour les voyages d’aujourd’hui. « 
Raphaël Monticelli
Ecrivain, Critique d’art.